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Un colloque en l'honneur de Louis Massignon à l'Université catholique de Milan (31 octobre 2012)

Le Département des Sciences Religieuses de la Faculté des Lettres et de Philosophie de l'Università del Sacro Cuore de Milan a voulu célébrer le cinquantenaire de la mort de Louis Massignon en lui consacrant, le 31 octobre 2012, un « après-midi d'étude » en sa Cripta Aula Magna où se sont retrouvées plus de 120 personnes pour mieux le connaître et le comprendre.

Le colloque avait ce titre significatif Tra Orientalismo e Profezia : Louis Massignon a 50 anni dalla morte. On doit le succès de l'entreprise au Pr. Gian Luca Potestà, directeur du Département, et au Pr. Paolo Branca, enseignant d'arabe et d'islamologie, ainsi qu'à Melle Michela Iannone, l'active secrétaire du dit Département. Les travaux du colloque furent ouverts par les paroles de bienvenue du Pr. Angelo Bianchi, doyen de la Faculté, lesquelles introduisirent l'intervention du Pr. Gian Luca Potestà, rapide et dense présentation de la « courbe de vie » de L. Massignon et des grandes lignes de son oeuvre scientifique. Le Pr. Paolo Branca devait être le modérateur des deux séances de l'après-midi. Au début de la 1ère séance, le Père Maurice Borrmans, professeur émérite du Pontificio Istituto di Studi Arabi e d'Islamistica de Rome, présenta « L'opera di Louis Massignon (1883-1962) a favore del dialogo islamo-cristiano » : son parcours existentiel, son estime pour l'expérience spirituelle des musulmans, sa spiritualité de badaliya, à savoir de substitution oblative et réparatrice, et son influence auprès des chrétiens de son temps pour mieux apprécier les « aspects intérieurs » de l'islam. Mr André de Peretti, qui oeuvra avec L. Massignon de 1947 à 1962 dans le cadre du Comité Chrétien d‘Entente France-Islam, devait venir de Paris pour donner sa « Testimonianza: Louis Massignon e il Marocco di Mohamed V », mais sa santé ne lui permit pas le déplacement : un résumé en fut lu en italien par le Pr. Paolo Branca. Cela permit à Mr. Martino Diez, directeur scientifique de la Fondazione internazionale OASIS de Venise, de s'étendre longuement sur « Louis Massignon interprete della cultura arabo-islamica », précisant par là ce qui en avait déjà été dit par le Pr. Gian Luca Potestà : ses Annuaires du monde musulman, son étude constante d'al-Husayn b. Mansûr al-Hallâj et de la mystique musulmane, ses Prières d'Abraham en faveur de Sodome, d'Ismaël et d'Isaac. Après une trop brève pause, la 2ème séance offrit au Père Giuseppe Rizzardi, professeur à la Facoltà Teologica dell'Italia Serttentrionale de Milan, l'occasion de fournir maints détails inédits sur « Louis Massignon in dialogo con Giorgio La Pira e Giulio Basetti-Sani », lesquels s'inspirèrent de lui, le premier en politique culturelle et le deuxième en théologie de l'islam. Venue expressément de Paris, Mme Françoise Jacquin, secrétaire générale de l'Association des Amis de L. Massignon et présidente de l'Association Jules Monchanin-Henri Le Saux de Lyon, exposa en français la relation privilégiée qui se développa entre « Louis Massignon e Abd el-Jalil », étudiant musulman marocain devenu son filleul en 1928 puis franciscain, prêtre et professeur à l'Institut catholique de Paris, en se fondant sur leur Correspondance rassemblée, annotée et publiée par elle et le Père M. Borrmans en 2007 : singulière fidélité spirituelle d'une amitié qui devient fraternité ! Il revenait au Père Paolo Dall'Olio, de la Comunità al-Khalîl, Dayr Mûsâ (Syrie), d'offrir en guise de conclusion sa « Testimonianza : una Badaliya per il nostro futuro ». Il s'agissait, pour lui, d'évoquer pour l'assemblée la richesse des intuitions scientifiques, spirituelles et mystiques de L. Massignon. Il le fit sous une forme de méditation qui invitait chacun des assistants à revivre les moments décisifs de l'itinéraire existentiel de L. Massignon, où celui-ci se configura toujours plus à ses modèles, al-Hallâj, Gandhi, Abraham et, à travers eux, à Jésus Christ. Le Pr. Paolo Branca devait clôturer les travaux de cet « après-midi d'étude » après avoir donné, pour une brève intervention, la parole au Shaykh Pallavicini de la CoReIs italienne. On ne saurait trop remercier les responsables de l'Università del Sacro Cuore d'avoir ainsi réussi à rassembler de nombreux Amis de L. Massignon à Milan et de leur avoir aussi promis la publication prochaine des Actes du colloque dans la revue Humanitas.

Maurice Borrmans